50è anniversaire de la consécration de l'église Sainte-Thérèse

HISTOIRE DE L’EGLISE SAINTE THERESE

 1ère PARTIE : GENESE, par Mr. l'abbé Jean-Marie BEDOUSSAC

 (articles parues  dans La VOIX du CANTAL n° 794 - 795 - 796 et 799 , juillet - août 1958)

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 I - LVDC n° 794 du 26 juillet 1958 :

 Le Rouget va construire son église

dédiée à Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus

Tout d'abord, un peu d'histoire

 Il semble qu'une première maison se fit jour, au Rouget, vers 1835.

 Au milieu des landes et des bois, quelques hameaux dispersés avaient leur légende. Au coin de l'âtre, on se racontait des histoires de brigands et on s'émerveillait de certains hauts faits prompts à susciter l'enthousiasme.

 En 1850, Le Rouget est un tout petit village. Les travaux de construction de ligne de chemin de fer commencent en 1865 et c'est en 1868 que passera le premier train.

 Le Rouget ira alors en progressant, la gare devenant un centre important d'exportation forestière.

 On viendra même du Lot apporter du bois. Il faudra plusieurs jours de marche, car l'attelage est lent et lourde la charge.

 Surgiront une hôtellerie, la poste, une pharmacie, etc.

 En 1906,  ainsi qu'en témoignent les photographies de l'époque, intense était l'activité autour de la gare et la fête locale connaissait déjà une vogue exceptionnelle.

 En 1903, on avait parlé d'une église...

 Au dire de certains aînés, on avait parlé d'une église au Rouget en 1903. « C'était un peu prétentieux » direz-vous. C'est mal connaître les premières familles rougétoises qui revenaient d'Espagne, porteuses d'argent et de foi en l'avenir. Si on avait, par son énergie et son économie, gagné une petite fortune, on voulait, au pays, faire progresser le patrimoine.

Viendront la guerre de 14-18, puis l'après-guerre.

Une première tentative de construction de l'église a lieu en septembre 1926. Mr. le docteur Malaviale provoque une réunion publique au café "Antonin Teil", la salle est archicomble.

 Mme. et Mr. Teil ont consenti, avant la réunion et par-devant notaire Me. de Laroussilhe, à faire dont de l'emplacement de l'église sur le mamelon appelé "Puy d'Antonin". Ce don est valable pour deux ans. Si, dans ce délai, l'église n'est pas bâtie ou sa construction amorcée, la famille Teil reprend ses droits sur son terrain.

 C’est ce qui arriva, les familles n'arrivant pas à surmonter la difficulté de constituer un comité. On désirait parler aussi du projet d'érection de la commune, mais personne n'osait s'avancer.

 En 1934, une deuxième tentative pour la construction de l'église est faite par Mr. l'abbé Flory, curé de Pers, surnommé "le bâtisseur" du quartier de la gare du Rouget (trois maison)

 L'intension de ce "curé bâtisseur" est de construire une chapelle longue de 15 mètres, large de 5 mètres.

 On fait comprendre à Mr. l'abbé que son projet est trop petit, l'emplacement (quartier de la gare) mal choisi et qu'en conséquence les concours nécessaires lui feront défaut.

 Le projet échoue.

 Visite au puy d'Antonin

 En 1944, Mgr. Pinson, alors évêque de Saint-Flour, vient rendre visite au Rouget. On parle, bien sûr, de la "future église" ; on se rend sur le fameux "Puy d'Antonin" ; on examine même un plan dressé par Mr. Croizet, architecte.

 Toujours vif et alerte, Son Excellence décide sur le champ la création de la paroisse du Rouget.

Malheureusement, on était en pleine libération, c'est-à-dire en période de destruction et de ruines ; ce n'était guère le moment de bâtir.

 A quelques temps de là, et sur diverses indications, Mr. le docteur Champeil, gendre de feu le docteur Malaviale, essaie de se procurer quelques baraques désaffectées des Chantiers de Jeunesses. La Réquisition vient arrêter cette entreprise.

 Or, voici qu'au moment où l'on y pensait le moins, une occasion superbe se présenta. Un grand et solide bâtiment d'exploitation agricole, appartenant à Mr. l'abbé Barrière, se trouva disponible.

 Les pourparlers s'engagèrent aussitôt, et sans difficultés, et moyennant une modeste rétribution annuelle, la belle grange de Mr. l’abbé Barrière et de Mme. Turion, sa sœur, fut aménagée en église provisoire.

 Un petit bijou de chapelle

 Mr. l’architecte Croizet traça un plan : la chapelle est aménagée sur le plancher de la grange ; une salle pour catéchisme, réunions, séances est organisée au-dessous, à la place de l’étable. Sur la porte d’entrée de la grange on élève un petit clocheton.

 Attenant à la chapelle, on construisit une demeure pour le futur curé (trois pièces). Le docteur Champeil, aidé de son courageux et infatigable second, Louis Selinge, trésorier minutieux et discret, dirige et surveille ces travaux qui nous ont donné ce "petit bijou de chapelle" où paroissiens, passants vacanciers et amis pèlerins aiment à venir prier Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.

 Le 25 février 1946, Son Excellence Mgr. Pinson publiait une ordonnance en vertu de laquelle la nouvelle commune du Rouget était érigée canoniquement en paroisse. Le jeudi suivant 28 février, Mgr. Delort, vicaire général et délégué de l'évêque, procède à la bénédiction de la nouvelle église : et le dimanche suivant 3 mars, la première messe y est célébrée et les exercices d'une première mission paroissiale commencent.

 Mr. l’abbé Mas, curé de Cayrols, qui a beaucoup œuvré pour Le Rouget, a provisoirement la charge de la nouvelle paroisse. Il ne fera que parfaire ce qu’il a commencé avec « un cœur grand et indomptable qu’aucune ingratitude ne ferme et qu’aucune indifférence ne lasse ».

 Installation de Mr. le Chanoine Bonhomme

 Une grande fête se préparait, celle du 22 septembre 1946.

"Ce jour-là, écrit le chroniqueur d'alors, Mgr. l'Evêque (Pinson) vint au Rouget porteur des biens les plus précieux : il procéda lui-même à l'installation du curé, Mr le chanoine Bonhomme, qu'il y a récemment nommé ; et il bénit la statue de Sainte Thérèse qui doit désormais veiller sur les destinées du Rouget, et enfin il remit au prêtre responsable la relique insigne que le Carmel de Lisieux lui a donné et qui a été enchâssé dans un beau reliquaire offert par le chapitre de la cathédrale de Saint-Flour."

 Monseigneur nomma chapelain d'honneur de la cathédrale Mr. l'abbé Mas et décerna la médaille du Mérite diocésain à Mr. le docteur Champeil et à M. Louis Selinge.

 La jeune paroisse du Rouget était fière de faire partie désormais de la grande famille diocésaine. Sa Sainte patronne allait en faire un centre de dévotion Thérésienne.

 Le dernier dimanche de septembre

 Chaque année, au Rouget, le dernier dimanche de septembre, a lieu la solennité en l’honneur de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Précédé d’un triduum de prières et de prédications, la fête de « la plus grande sainte des temps modernes » attire des amis et des fervents de plus en plus nombreux.

 Notre monde a tellement besoin du secours de Dieu et de l’aide de ses Saints… qui sont autant de phares qui éclairent la route et qui indiquent le chemin à suivre pour parvenir à la paix.

 Sous l’impulsion de Mr. le chanoine Bonhomme, la jeune paroisse du Rouget s’organisa et devint rapidement vivante. Pour l’aider dans sa charge de pasteur et pour aider, un jour, tous les prêtres, Mr. le chanoine Bonhomme jeta, ici, les fondements de l’œuvre de « l’aide aux prêtres ». Il ne restera que quelques années puisqu’en 1950,il sera nommé curé-archiprêtre de Mauriac et de là partira pour la Contie, près de Jussac, pour se consacrer uniquement à l’œuvre qu’il a fondée, et qui lui est si chère.

 Le 1er mars 1950, un jeune prêtre, vicaire à Arpajon-sur-Cère, Mr. l’abbé Bédoussac, devenait le deuxième curé du Rouget.

La Chapelle Sainte-Thérèse s’avérait déjà trop petite. Elle n’était que louée à la paroisse. Allait-elle rester longtemps dans le provisoire ?...

 Il fallait prévoir plus grand !

 Abbé Bédoussac, curé

 (à suivre)

 Article de Mr l’abbé Jean-Marie BEDOUSSAC

La VOIX du CANTAL N° 794, 26 juillet 1958.


 II - LVDC n° 795 du 2 août 1958 :

C'est LE ROUGET tout entier
Qui a voté pour avoir son église
 Dans un premier article, nous avons essayé de faire un peu d’histoire, depuis 1835 jusqu’en 1958.

 Voyons aujourd’hui les différents événements qui, à pas lents et parfois hésitants se sont déroulés depuis 1955 jusqu’à nos jours.

 Les jours de fête, pour les offices d’enterrement, les paroissiens constatent que leur chapelle de 1946 est trop petite. On de parle pas de la solennité thérésienne, le dernier dimanche de septembre, où l’on est obligé de dresser un podium, à l’extérieur. On compte alors sur la bonté et la toute puissance de la « petite reine » pour que toutes les cérémonies se déroulent sous un beau soleil. N’allez pas vous amuser à taquiner les rougétois sur cette confiance en la Providence. Ils vous répondront « qu’il fait toujours beau » et que vous n’avez pas la foi.

 Le provisoire ne peut plus durer

 Le provisoire ne peut plus durer. Il faudra bien, en fin de bail, rendre les locaux à leur propriétaire.

 Dans le courant de l’été 1955, Mr Croizet, architecte, désire confier le plan de la future église à un jeune élève de l’école des Beaux Arts, un sympathique Aurillacois, Mr Robert Dodinet. Celui-ci vient de s’installer à Mauriac et, tout en terminant son diplôme, commence à tracer quelques croquis.

 L’année suivante, en janvier 1956, un premier dossier concernant l’église est examiné entre les deux architectes et ce sera le vendredi 2 mars 1956 en réunion de la « commission diocésaine d’arts et édifices religieux » que le projet sera présenté.

 Pour son dixième  anniversaire, Le Rouget connaîtra les grandes lignes de ce que sera, demain, son église.

 Depuis 1946, Le Rouget s’est développé considérablement. Grâce au plan d’urbanisme que dirige si habilement Mr. Terrisse, architecte, la jeune cité se construit également : couettes villa, maisons de commerces, habitations HLM, Terrain de sport, foirail, place, routes, adduction d’eau, en ce moment téléphone souterrain, en attendant un nouveau pont, une mairie et bien sûr, l’église.

 De nombreuses heures de patience

 L’étude d’une église, pour un jeune architecte, demande du temps, de nombreuses heures silencieuses et une longue patience.

 Il faudra attendre le mardi 29 janvier 1957, pour étudier et fixer, sur place, l’emplacement du futur sanctuaire thérésien.

 C’est sur l’ancien « Puy d’Antonin » qu’on a abaissé et nivelé que se situe la nouvelle et grande place du Rouget. L’urbanisme y a réservé une surface de terrain pour l’église. N’est-elle pas le centre de la vie ?

 En ce mardi 29 janvier 1957, les passants intrigués, regardent évoluer Mr. le vicaire général Salat ; MM Croizet, Terrisse et Dodinet, architectes ; Mr. Beaufrère, membre de la commission diocésaine d’art sacré ; Mr. le docteur Valadou, maire, et ses deux adjoints ; Mr. le secrétaire de mairie et Mr. le curé. Sur la place, on étudie l’endroit idéal où se situera l’église.

 On a attendu longtemps et parfois avec impatience la première réunion de la population avec l’architecte. Elle eut lieu le samedi 14 septembre 1957. A la salle paroissiale, Mr. Dodinet nous montra le plan d’ensemble, dégagea les grandes lignes du futur édifice et nous engagea à procéder par tranches lors de la construction. Il nous promit de terminer son plan et de nous fournir un premier devis pour le gros œuvre.

 Tout le monde va s’y mettre

 Le travail arrivait. Le Rouget allait enfin, construire son église. Il fallait se mettre à la besogne.

 Mais comment faire ?... Comment procéder pour ouvrir un tel chantier ?...

 Le Rouget est jeune. Sa population (700 habitants) est entreprenante, laborieuse. Elle a tout à réaliser.

 Construire une église n’est pas seulement affaire d’architecte, d’un maire et d’un curé. C’est avant tout l’affaire de toute une population. L’église est la maison mère de tous les enfants d’une commune et d’une paroisse.

 Puisqu’il en est ainsi, tout le monde va s’y mettre. Les rougétois vont montrer au Cantal et au diocèse qu’ils ont compris. Ils voteront, tous, pour constituer un comité d’érection.

 Le samedi 5 octobre 1957, une réunion à la salle paroissiale, sous la présidence de Mgr. Salat, vicaire général et président de la commission diocésaine d’Art sacré, mettait au point la façon de procéder au vote d’un comité d’érection.

 Plusieurs solutions possibles

 Plusieurs solutions furent proposées : - établir une liste et la faire plébisciter, - reconduire l’ancien comité de la chapelle de 1946, - faire voter toutes les familles du Rouget en leur fournissant les renseignements nécessaires à un vote utile et intelligent. Cette dernière proposition fut adoptée et l’on chargea Mr. le curé de tout préparer pour que le vote et son dépouillement eussent lieus le dimanche 20 octobre 1957.

 Trois feuilles furent imprimées. La première, une circulaire, annonçant et expliquant le vote demandé : « avec le sourire, y lit-on, avec intelligence, sans parti-pris ni indifférence, vous allez vous donner un comité d’hommes capables, actifs, entreprenants, clairvoyants, dévoués, et sans peur ». Une deuxième feuille comportait le nom des 240 familles rougétoises afin que dans le choix du comité, personne ne fut oublié. La troisième feuille, intitulée « feuille de vote », était numérotée de 1 à 30 et devait être renvoyée sous une enveloppe spéciale pour le dimanche 20 octobre. En face de chaque numéro allant de 1 à 30, chaque famille devait mettre un nom, celui d’un chef de famille ou celui d’une dame ou même celui d’un jeune si on le jugeait capable.

Trois feuilles imprimées

 Ces trois feuilles : explication, liste des familles et vote, furent mises dans une enveloppe ayant comme entête « comité d’érection de l’église Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus du Rouget » et comme adresse « Mr. le curé du Rouget (Cantal) ». Cette enveloppe garnie fut mise dans une plus grande et le tout fut remis ou envoyé à toutes les 240 familles du Rouget qui sont sur le territoire ou en dehors.

 La campagne électorale fut calme. Tout se passa avec sérénité et entrain. On était fier car, enfin, on faisait quelque chose et chacun avait bien l’impression qu’on le prenait au sérieux et qu’il se sentait responsable de l’avenir.

 Le jour du vote arriva. Le dimanche 20 octobre 1957. On défila devant l’urne et on se fit « pointer ». Les abstentions ?… elles se comptent sur les dix doigts. La preuve ?... le dépouillement commencé vers 20 heures ne se termina qu’à deux heures du matin. Les pointeurs firent preuve de générosité, d’amabilité, de ténacité et d’abnégation. Mr. le maire, le docteur Valadou, proclama les résultats en donnant lecture des 30 premiers noms qui avaient obtenus le plus de voix et l’on de sépara jusqu’à la prochaine réunion du comité qui eut lieu le samedi 26 octobre.

 Un contact amical

 Ce fut surtout un premier contact amical où dans une excellente ambiance on décida de procéder à l’élection d’un bureau directeur composé de dix membres.

 Ce fut le mercredi 30 octobre, en veillée que le « comité des trente » vota pour élire son bureau directeur. Dix membres furent donc choisis qui, un peu plus tard, se répartirent respectivement les responsabilités :

  • Un président actif : le distingué et dynamique docteur Valadou, maire.
  • Un vice-président : Mr. Marcel Teil, neveu du « père Antonin » et qui est un commerçant avisé.
  • Deux trésoriers : Mrs. Vigier Joseph et Raymond Selinge.
  • Deux secrétaires : Me. Martin, notaire, et Mr. Pierre Alzouniès.
  • Deux chargés de travaux : Mrs. Fernand Icher et Noël Bardet.
  • Mmes Gizolme et Mazic aideront au secrétariat.

 Le comité fonctionne

 L’année 1957 se terminera sur cette organisation du comité d’érection et du bureau directeur.

 Il faudra alors attendre que Mr. Dodinet, architecte, mette une dernière main au plan de l’église et nous apporte un devis ou première estimation du gros œuvre.

 C’est ce que nous verrons dans un prochain et troisième article où nous vous parlerons du plan définitif de l’église, de la somme du gros œuvre et du résultat de la première tranche de la collecte qui se fait actuellement dans la commune du Roget et destinée à amorcer la pose de la Première pierre.

 Abbé BEDOUSSAC, curé

 (à suivre)

Article de Mr l’abbé Jean-Marie BEDOUSSAC

La VOIX du CANTAL N° 795, 2 août 1958.


 III - LVDC n° 796 du 9 août 1958 :

Les temps sont durs ? Peu importe

Les Rougétois bâtiront leur église

L’EGLISE Sainte-Thérèse du Rouget n’existe pas encore et elle a déjà son histoire, une histoire un peu longue et douloureuse ainsi qu’on a pu le constater dans les deux derniers articles.

 Mais Sainte Thérèse veillait et elle le montra tout particulièrement dans cette nuit du 11 au 12 février 1953 où une partie de la voûte de la chapelle s’écrasa au sol.

 Pour mieux refaire

 Un ami écrivait alors : « Je crois que cette épreuve  est avant tout une grâce, d’abord parce que la Providence a pris soin d’épargner les paroissiens corporellement, mais surtout une grâce aussi de travail plus communautaire : magnifique leçon pour « refaire » mieux, consciencieusement et ensemble ».

 C’est bien ensemble qu’il faut partir. On a besoin les uns des autres. L’œuvre est belle : l’entreprise magnifique. Confiance, et que les dons soient à la mesure des besoins !

 Les statuts de l’Association

 Nous sommes au mois de mai 1958. Le samedi 10, lecture des statuts de l’Association « comité d’érection de l’église Sainte-Thérèse du Rouget » est donnée par Me. Martin. Le lundi 12, l’architecte présente le plan définitif. Tout est étudié : chacun regarde et admire les différents tracés du nouvel édifice. C’est un véritable voyage autour et dans « une église en Auvergne ». L’exposé est simple, clair. On discute par petits groupes. Chacun est ravi.

 Et comme il ne suffit pas d’admirer et de s’extasier, le gros problème : les finances, est abordé. Une première estimation du gros œuvre, comprenant : terrassement, béton, maçonnerie, charpente et couverture, donne le chiffre de treize millions (environ 250 000 € d’aujourd’hui).

 Comment trouver cette somme ?... collecter ?... emprunter ?... « Les temps sont durs ». Chaque époque a ses labeurs et chaque génération ses difficultés.

 Bâtir une église me parait œuvre suffisante pour donner à une commune, à une paroisse, disons à une communauté, un idéal. Et lorsqu’on possède un tel trésor de foi, on n’a qu’un désir, qu’un souci : le communiquer aux autres.

 Première collecte

 Les Rougétois ont confiance. Ils savent que Sainte Thérèse est aimée partout et de tous. Ils sont sûrs qu’ils seront aidés.

 En attendant, ils viennent de donner le départ de l’opération financière. En ce moment, Mr. le Maire, et Mr. le Curé terminent une première collecte en visitant toutes les familles.

 Dans un prochain entretien, cher lecteur, nous vous en donnerons le résultat. L’appel que nous a adressé Mgr. L’Evêque vous sera communiqué.

 Et bien entendu, nous vous ferons connaître notre C.C.P., afin que s’ouvre au plus vite la liste des amis et bienfaiteurs. Alors, attention !... préparez-vous…

 Le Rouget a donné le départ…

 Le « Tour de France » n’est pas terminé pour nous… au contraire, il commence.

 J’espère que vos finances sont bonnes. N’ayez point peur des performances.

  A bientôt.

 J.M.B.

 Article de Mr l’abbé Jean-Marie BEDOUSSAC

La VOIX du CANTAL N° 796, 9 août 1958.


IV - LVDC n° 799 du 30 août 1958 :

Voici la maquette de la future

église Saite-Thérèse au Rouget

 

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Mgr. Marty s’est adressé récemment aux paroissiens du Rouget :

 Votre bourg s’est agrandi, leur a-t-il dit. Peu à peu Le Rouget est devenu une commune et une paroisse.

 A côté de vos maisons familiales se sont élevés les divers bâtiments  communaux.

 Grace à la générosité de la famille Barrière et à votre aide un centre de culte provisoire a pu être organisé avec une chapelle, un presbytère et une salle paroissiale.

 La chapelle fut dédiée à Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Et chaque année, les dévots de la petite Sainte se plaisent à venir la prier chez vous.

 Le provisoire ne peut pas durer. Il faut que Le Rouget ait son église. Il faut que Sainte Thérèse ait en Auvergne son sanctuaire.

 Je vous félicite d’avoir compris cette nécessité et d’avoir constitué aussitôt un comité paroissial.

 Les plans sont faits. Il faut ouvrir le chantier. Une première mise de fond est indispensable ? Il vous appartient, chers paroissiens, d’assurer de suite le départ de votre église.

 La souscription paroissiale est ouverte. Votre église sera vôtre, fruit de vos sacrifices généreux.

 Les amis de sainte Thérèse viendront ensuite aider votre entreprise. Votre premier geste doit montrer que vous voulez votre église.

 Vos enfants  parleront de la génération courageuse qui a construit l’église du Rouget.

 Sainte Thérèse vous obtiendra des grâces nombreuses pour vos foyers.

 Cet appel de l’évêque a été entendu, puisque dans une première tranche les Rougétois viennent à ce jour, de verser la somme de 2 millions 287 mille francs. Il faut y ajouter une grande main-d’œuvre promise. Avec la caisse paroissiale, nous arrivons à près de 3 millions. Ce n’est qu’un premier pas.

 Un second pas vient de se faire. L’évêché de Saint-Flour met à la disposition du Comité d’érection de l’église Sainte-Thérèse la somme de 500 000 francs.

 Ce geste de Mgr. Marty a été particulièrement sensible au cœur de tous le Rougétois, qui redisent ici, à Son Excellence et à son conseil, toute leur respectueuse et filiale gratitude. Il contribuera à l’élan généreux de la course aux millions qui leur seront nécessaires.

 Nous donnons aujourd’hui le départ de cette course en nous adressant aux amis de Sainte-Thérèse.

 Le signal en est le numéro de CCP. Vous verserez vos offrandes au « Comité d’érection de l’église Sainte-Thérèse du Rouget » CCP 1240-31 Clermont-Ferrand.

Si quelques personnes préféraient verser au CCP de Mr. l’abbé Bédoussac, curé, Le Rouget (Cantal), il faudrait alors utiliser le N° 293-15 à Clermont-Ferrand.

 Chers lecteurs et amis de Sainte-Thérèse, nous vous ferons connaître ici, par ce journal si bienveillant et accueillant, les différentes étapes de notre course. Il y aura des étapes de plaine, de montagne, contre la montre. Quelles seront les plus nombreuses ?... C’est vous qui nous le direz.

 Nous savons que Sainte-Thérèse reste la « sainte chérie du monde entier ». Les participants seront donc nombreux et les concurrents sérieux.

La Voix du Cantal, toujours dévouée au service du bien vous communiquera les performances que chacun voudra réaliser de son mieux.

 En attendant, merci !...

 Passez, le feu vert est ouvert : CCP 1240-31 Clermont-Ferrand au « Comité d’érection de l’église Sainte-Thérèse du Rouget ».

 J-M B

 Article de Mr l’abbé Jean-Marie BEDOUSSAC

La VOIX du CANTAL N° 799, 30 août 1958.


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25 juin 1958 - Déclaration à la Préfecture du Cantal.

Comité d'érection de l'église Sainte-Thérèse du Rouget [lire la suite dans le Journal Officiel n° 154 du mercredi 2 juillet 1958]